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 Dominance in dogs-useful construct or bad habit?

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MessageSujet: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptySam 26 Juin 2010 - 14:41

Article scientifique paru dans le numéro de mai/juin 2009 de Journal of veterinary behavior[i].

Dominance in dogs: useful construct or bad habit?

Une traduction est a disposition. (cette traduction n'a rien d'officielle, mais faite par une personne qui connait bien son sujet et par la même occasion l'anglais:)

N'hésitez pas a diffuser cet article Dominance in dogs-useful construct or bad habit? Accord06

Bonne lecture.

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dage
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptySam 26 Juin 2010 - 18:28

excuse moi mais comment avoir la traduction car moi et l anglais on est pas copain copain merci beaucoup!!
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slater
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyLun 28 Juin 2010 - 14:20

Merci pour l'article, j'irai voir ça dès que j'aurai le temps de bien le lire...
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyLun 28 Juin 2010 - 15:24

Je viens de lire l'introduction et la conclusion du document (pas eu le temps de lire le reste mais j'ai enregistré la publi').

C'est très intéressant et récent!

Merci pour le lien Dominance in dogs-useful construct or bad habit? Icon_thumleft

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Dominance in dogs-useful construct or bad habit? Grumpy-cat-01Dominance in dogs-useful construct or bad habit? Ocd_grumpy_cat_by_linai-d6cqykpDominance in dogs-useful construct or bad habit? 3b965034881fb4956e7b1074a6ebd59b--grumpy-cat-cartoon-cat-cartoonsDominance in dogs-useful construct or bad habit? 87e19bb336784685fb937b4b8e5c7202
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mazard
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyLun 28 Juin 2010 - 17:34

merci pour moi aussi de me dire où récupérer la traduction car je suis très intéressée
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robert
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyMar 29 Juin 2010 - 8:41

oui la traduction ! merci
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyMer 30 Juin 2010 - 12:07

Comme expliqué plus haut, cette traduction n'a rien d'officielle, mais elle est très complète..a savoir que la partie critique/conclusion ont été faite par le traducteur. (Autre forum pour venir en discuter)

Sorry pour la mise en page Dominance in dogs-useful construct or bad habit? Icon_confused (c'est un copier/coller)

Bonjour, je voudrais vous parler d’un article paru dans le numéro de
mai/juin 2009 de Journal of veterinary Behavior.

Il a
été rédigé par l’équipe de l’université de Bristol en Angleterre en
charge des études sur les bien être et le comportement animal. Il s’agit
d’un article scientifique tout ce qu’il y a de plus sérieux, dont la
publication a été validée par un comité de lecture de spécialistes.

Voici la référence :

Bradshaw, J. W. S., Blackwell, E. J.
& Casey, R. A. 2009. Dominance in dogs-useful construct or bad
habit. Journal of Veterinary Behavior, 4, 135-144.

Vous
pouvez le télécharger ici

Pour les habitués de ce forum ou du monde cynophile en général, vous
connaissez très certainement la problématique qui enfle depuis quelques
années autour du concept de dominance, entraînant excès de verve et de
voix. Pour les petits nouveaux et pour ceux qui dormaient au fond de la
classe voilà résumé assez brièvement le souci :

Au vu de la
proximité entre chiens et loups (qui sont de la même espèce au sens
strict), et étant donné que la littérature lupine a longtemps été plus
fournie que la littérature canine, l’idée est née que meute de chien =
meute de loup = meute humain/chien. Les meutes de loups ayant une
hiérarchie stricte entre elles, il faudrait en établir une similaire
avec nos chiens. Mais depuis la fin des années 1990, un courant de
pensée issu des limbes du monde des comportementalistes et des
éducateurs canins remet en question le dogme multi décennal : le chien
est très différent du loup, il n’y a pas de hiérarchie possible entre
homme et chien.

Ô toi esprit sacrilège qui lit ces lignes d’un
œil torve en te disant « Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? », sache que
selon la validité de l’une ou de l’autre de ces théories, la vie que
nous partageons avec nos compagnons à 4 pattes n’est pas du tout la
même.

Peut-on laisser notre chien dormir avec nous ? Partager le
canapé ? Le faire manger a table ? Apporter un nouveau chien adulte dans
une meute sans prendre trois tonnes de précautions ?

Ces
questions et de nombreuses autres trouveront des réponses lorsque nous
saurons définitivement si oui ou non nos chiens ont besoin de
hiérarchie, si celle-ci doit s’imposer de la même façon qu’entre les
loups et si elle se base sur les mêmes facteurs.

Cet article est,
à mon sens, partisan d’une des deux hypothèses. Sa lecture peut donc
laisser penser que ça y est, la question est bouclée, on peut se laisser
aller tête baissée. Mais même si ce document apporte des pistes de
réflexions intéressantes et quelques éléments de réponses, la question
est toujours ouverte et elle le restera je pense encore un peu de temps.

Le
texte étant en anglais et surtout en langage scientifique (donc
totalement hermétique), je me propose : 1) de vous faire cadeau d’un
petit résumé, 2) de faire la critique de l’article, 3) de dresser une
conclusion de ce que l’on peut tirer de ce papier.

1)
RESUME DE L’ARTICLE :


Introduction :

Les
auteurs commencent par rappeler que le terme de « dominance » est
utilisé à toutes les sauces que ce soit pour catégoriser ou expliquer le
comportement des chiens domestiques. Ils rappellent que l’hypothèse
selon laquelle les chiens sont très motivés par l’établissement de
relations hiérarchique est très répandue et qu’elle est désormais
critiquée, notamment dans la gestion de l’agression envers les
congénères ou les humains.

Les auteurs veulent insister sur 3
points : a) l’usage inapproprié du mot « dominance » pour caractériser
un chien en tant qu’individu (le sempiternel « mon chien est dominant »)
b) l’utilisation de modèles définissant l’organisation sociale des
loups, dépassés de longue date, pour expliquer le comportement canin c)
l’utilisation de la « dominance » comme caractéristique pour déterminer
aussi bien les relations entre chiens qu’entre chiens et maîtres.

L’utilisation
inappropriée du mot « dominance » pour la description d’un seul
individu :


Dans cette partie, les auteurs
critiquent l’utilisation du terme « dominant », même dans de la
littérature vétérinaire, comme trait de caractère d’un chien seul. Ils
nous présentent à titre d’exemple des phrases que l’on peut aussi
croiser dans la littérature française : « le chien dominant sait ce
qu’il veut et se débrouille pour l’avoir de toutes les façons possibles »
(Kovary, 1999), il faut pratiquer le « roulé alpha » pour « soumettre »
le chien et « lui montrer qui est le boss » (Monks of New Skete, 1978).

Les
auteurs insistent donc sur le fait qu’en éthologie (la science du
comportement), la « dominance » se réduit à décrire une relation entre
individus et non des individus (Langbein & Puppe, 2004).

Définition
de la dominance (Drews, 1993) : caractéristiques du pattern (ndt
: comprendre ici schéma comportemental) des interaction agonistiques
répétées entre deux individus, où l’issue est constamment en faveur du
même individu et où l’opposant adopte une réponse de capitulation plutôt
que de favoriser l’escalade
(ndt : de l’agression). Le statut du
gagnant invariable est alors dit dominant et le statut du perdant,
subordonné.


La dominance est donc utilisée pour décrire les
relations entre deux individus. Mais dans le cas ou les individus vivent
dans un groupe de plus de deux individus, ces relations de
dominance/subordination peuvent (ou non) se combiner pour créer une
hiérarchie. On peut ensuite attribuer un « rang de dominance » au sein
de ce groupe mais un individu avec un rang élevé dans ce groupe pourra
avoir un rang inférieur si placé dans un autre groupe.

Les
auteurs citent en exemple l’hypothèse du « né Alpha » chez le loup qui a
été testée et rejetée. Un loup ne naît pas « alpha », s’il se retrouve
un jour à la tête d’une meute, cela est dû à des changements dans son
tempérament selon des variations physiologiques et dans certaines
circonstances sociales (Fentress et al., 1987).

L’utilisation
de la « dominance » dans la description de la qualité d’une relation :


Les
auteurs rappellent qu’en éthologie, le terme dominance a pu être
utilisé dans au moins 4 contextes : a) dans un sens fonctionnel, où les
individus sont dominants s’ils ont un accès prioritaire aux ressources
clés (nourriture, reproduction), b) afin de décrire les résultats
d’interactions répétées entre plusieurs individus, c) afin d’établir un «
ordre » où un individu subordonné inhibe ses comportements agonistiques
par peur d’individus despotiques (dominants), d) et afin d’expliquer
des absences d’agression, la majorité des conflits étant résolus par
l’adoption de displays (ndt : comportements ritualisés) et où un
individu se soumet constamment à un l’autre plutôt que par des combats
(Drews, 1993).

Est ensuite rappelé qu’une relation de dominance
dépend de la fréquence des interactions entre les individus et de la
durée de celles-ci. Dans certains cas cette relation est temporaire, ne
se présentant que pour l’accès à des ressources particulières. Dans des
groupes sociaux permanents les relations de dominance peuvent tout aussi
bien varier suivant les circonstances que rester les mêmes dans tous
les contextes. Selon cette dernière hypothèse d’ailleurs, on suppose que
les individus en cause sont en compétition pour le rang le plus haut et
qu’une fois acquis, celui-ci donne le droit d’accès à toutes les
ressources.

Les auteurs répètent ensuite que la dominance doit
être utilisée pour les interactions entre deux individus et que, si plus
d’animaux sont concernés, on peut éventuellement voir apparaître une
hiérarchie. Ils nous présentent ensuite quelques exemples :

Hiérarchie
transitoire
: Alpha > Beta > Gama > Omega (ndt : que l’on
retrouve chez les poules)

Hiérarchie non transitoire (en
triangle) :
A > B ; B>C ; C>A (ndt : que l’on retrouve chez
les vaches)

Structure au sein d’une meute de loups en
captivité
:

Male reproducteur
!
\
! Femelle reproductrice
Male
subordonné !
!
Femelle subordonnée
Male sub-adulte !

! Femelle sub-adulte
Louveteau male
!
Louveteau femelle

La
question est ensuite posée de savoir si les hiérarchies sont perçues
par les animaux ou si elles sont surtout utiles aux scientifiques
observateurs qui essayent de construire leurs modèles.

Les
auteurs nous indiquent donc que dans la plupart des espèces vertébrées
sociales et notamment les chiens, sont capables d’inférer les relations
entre individus tiers (Rooney & Bradshaw, 2006) (traduction : par
l’observation, les chiens sont capables de deviner quelles sont les
relations de dominance/subordination régissant les interactions entre
plusieurs individus).

Le loup :

Les auteurs
répètent que, le chien descendant du loup, il est souvent argumenté que
la formation de groupes sociaux chez le chien est similaire à celle du
loup (Feddersen-Petersen, 2007; Lindsay, 2000; Sherman et al., 1996) y
compris dans leur relation avec d’autres espèces présentes dans le
groupe social (humain surtout). Les auteurs signalent ensuite que cette
théorie de la « meute de loups » et surtout de ses application est
désormais mise a mal, principalement par le fait que la littérature sur
laquelle elle est basée est obsolète.

En effet, la structure la
plus populaire est la hiérarchie transitoire. Cependant, les meutes de
loups en captivité sont (comme nous l’avons vu précédemment)
basées sur le sexe et l’âge. Enfin, le suivi de meutes de loups sauvages
sur de longues périodes (Mech, 1999) a illustré que celles-ci étaient
constituées des parents, couple reproducteur au sommet de la hiérarchie,
suivis de leurs enfants de moins de 3 ans (qui, au plus tard à cet âge,
quittent la meute pour former la leur), suivis des jeunes de l’année
précédente puis des louveteaux de l’année en cours. Cette hiérarchie est
également basée sur le sexe et les interactions peuvent être complexes
(cf. fig 1.d sur le .pdf joint). Dans ces meutes sauvages, la
compétition pour la dominance est rare, tout comme les agressions. Le
terme de signaux de soumission est même parfois remplacé par signaux
d’apaisement car ils sont spontanés de la part des jeunes envers leurs
parents et non pas provoqués par une agression.

Les auteurs
concluent ce paragraphe en signalant que les comportements agonistiques
souvent observés en captivité et sur lesquels ont été basées les études
sur la hiérarchie sur le loup dans les années 70 peuvent être le
résultats des conditions environnementales (captivité, individus non
familiers, pas de possibilité de disperser (partir fonder une autre
meute)).

King (2004) en a déduit que faire une analogie entre les
meutes de loups captifs et les chiens domestiques vivant a la maison
était la plus simple pour expliquer les problèmes d’agression entre ces
chiens. Cependant, une étude de Lockwood (1979) n’a pas trouvé de
corrélations entre hiérarchie et agression ce qui invaliderait
l’hypothèse de King. Toutefois, il faut mentionner que dans l’expérience
de Lockwood, il est possible que la meute observée se soit scindée en 2
sous-meutes et la grande quantité d’agressions non reliées à des
relations de dominance/subordination pourraient s’expliquer par des
luttes territoriales.

Les chiens sauvages :

Beaucoup
de scientifiques se sont posés la question des effets de la
domestication sur le comportement social du chien, des études ont
prouvées que celui-ci à changé (Hare & Tomasello, 2005; Miklosi,
2007).

Ce paragraphe s’intéresse donc au fonctionnement des
groupes de chiens retournés à l’état sauvage.

Les auteurs
signalent 5 études réalisées entre 1975 et 1995 déjà reprises par van
Kerkhove (van Kerkhove, 2004). Etudes ayant mené à la conclusion que la
structure des meutes de chiens sauvage était assez lâche, qu’il n’y
avait pas de coopération entre les individus, notamment dans l’élevage
des jeunes ou l’obtention de nourriture. Cependant ceci pourrait avoir
pour origine les régulières interférences dues à l’homme (chasse,
empoisonnements etc.) plutôt qu’à une perte de capacité.

En
revanche, un suivi fait par l’équipe de Pal (Pal, 2003; Pal, 2005; Pal
et al., 1998; Pal et al., 1999) pendant plusieurs années et sur des
centaines d’individus a permit de détecter des groupes sociaux
cohérents. Ces groupes étaient composés d’individus apparentés, ayant un
territoire et étant hostiles aux autres communautés voisines.
Comportement social par le fait analogue à celui des meutes de loups
sauvage avec quelques variations (faible suppression de la reproduction
chez les femelles subordonnées par exemple mais pouvant s’expliquer par
le fait que la nourriture n’est pas un facteur limitant). Les individus
de ces meutes peuvent coopérer pour récupérer de la nourriture et élever
les jeunes.

Enfin les comportements ritualisés de
dominance/subordinations ont été bien moindre chez les chiens observés
par Pal et ses collègues que chez les meutes de loups mais ont tout de
même permis d’établir une hiérarchie stable dans 2 études.

Les
auteurs indiquent l’invalidité du « modèle loup » pour expliquer le
fonctionnement de ces meutes de chiens car même si une forte
territorialité existe (2 fois plus d’agression entre membres de groupes
différents qu’entre membres du même groupe), les chiens font preuve
entre meutes différentes de beaucoup plus de comportements de soumission
que ne le feraient des meutes de loup.

Les auteurs en concluent
que même si les chiens sont laissés libre d’interagir comme ils le
veulent, ils ne reforment pas des groupes similaires à une meute de
loups en liberté.

Comportement social des chiens stérilisés
:


Les auteurs ont relevé dans les études de Pal et son
équipe que dans les meutes sauvages, les comportements agonistiques
étaient souvent causés par des luttes pour l’accès à un territoire ou à
un partenaire sexuel. Les chiens de compagnie étant souvent stérilisés,
les auteurs ont voulu vérifier la présence ou absence de hiérarchie au
sein d’une meute de 19 chiens mâles adultes stérilisés vivant en
captivité dans un enclos de 0,28ha (Bradshaw et al., données non
publiées).

Aucune hiérarchie n’a pu clairement être mise en
évidence, certains chiens interagissaient beaucoup, d’autres moins,
certains faisaient plus preuve de comportements agonistiques, d’autres
de soumission.

Cependant les auteurs ont pu former 3 sous-groupes
de chiens : a) les ermites (3) : n’interagissaient que très rarement
avec les autres, b) les outsiders (7+1) : qui interagissaient un peu
plus avec d’autres chiens mais sans claire relation de dominance
/subordination sauf un individu revenant parfois agresser un autre, c)
les insiders (Cool, agissant de façon dominante sur 2 à 5 des outsiders et
interagissant beaucoup entre eux. Ils ont eu entre eux des relations de
dominance/subordination mais les auteurs n’ont pas pu révéler une
constance dans ces résultats.

Une approche alternative à
l’interprétation des interactions sociales entre chiens :


Ne
trouvant pas de hiérarchie de dominance chez le chien, les auteurs
veulent expliquer les relations d’agression entre chiens domestiques par
le modèle du RHP. RHP pour Ressource Holding Potential ou potentiel à
s’approprier les ressources (Parker, 1974).

Ce modèle RHP se
passe d’interactions de longue date entre les individus (base de la
dominance) et prédit simplement l’issue d’une bataille entre deux
animaux selon la valeur subjective de la ressource pour chacun (ndt :
Plus on perçoit que cette ressource vaut cher, plus on va la défendre,
cette estimation de valeur varie entre les individus selon leur
expérience avec la ressource concernée. C’est celui qui considère le
plus la ressource comme sienne qui va le plus s’investir dans sa
protection et qui remportera certainement le conflit).

Cependant
ce modèle du RHP peut prédire l’apparition d’une hiérarchie suivant
l’histoire des rencontres entre les animaux. Ceci peut expliquer
pourquoi lorsqu’on sépare puis reforme des groupes après un certain
temps, la hiérarchie de dominance peut changer du tout au tout. Les
valeurs subjectives des ressources ont pu changer, l’état physiologique
des individus aussi, ils ont pu avoir d’autres interactions avec des
conspécifiques qui leur auront donné un tempérament plus fort etc…

Cependant,
si le RHP reste faible (peu de motivation à prendre les ressources), ce
modèle prédit qu’il y aura des relations de dominance/subordination
entre individus (par groupe de 2) mais que cela ne donnera pas
nécessairement l’établissement d’une hiérarchie générale (van Doorn et
al., 2003).

Utilité du concept de dominance dans
l’interprétation des interactions entre chiens domestiques :


Les
agressions entre chiens de famille sont souvent interprétées en termes
de dominance et d’existence d’une hiérarchie entre les chiens du
domicile et certains auteurs pensent que la capacité à former des
hiérarchies dépend des races (Feddersen-Petersen, 2007; Mertens, 2004).

Les
auteurs pensent que outre le model RHP, les interactions sociales chez
les chiens peuvent simplement résulter du contexte et des expériences
précédentes. Les relations étant alors simplement issues
d’apprentissages associatifs (ndt : type Pavlovien ou Skinerien).

Les
auteurs citent un exemple : quand deux chiens se rencontrent pour la
première fois, ils n’ont aucune possibilité de savoir la réaction l’un
de l’autre dans quelque contexte que ce soit. Après plusieurs réponses
répétées, ils apprennent à reconnaître des indices spécifiques pouvant
prédire une réponse positive ou négative de la part de l’autre individu,
graduellement, ils vont apprendre comment l’autre chien répondra dans
une grande variété de contextes.


Les auteurs indiquent que
leur théorie permettrait d’expliquer pourquoi on aurait l’impression
d’une hiérarchie entre individus d’un groupe stable, et que celle-ci ne
soit pas visible dans des groupes changeant souvent de configuration.

Dans
les groupes stables, ceci permet également d’expliquer la stabilité et
le maintien de la « relation de dominance » entre les plus vieux et les
plus jeunes. Il n’y a pas de raisons pour un changement avant qu’une
variation environnementale ou dans la relation au sein d’une dyade ne
change.

Pour les auteurs donc, le terme de « dominance » est
inadapté aux relations entre chiens. La simple conscience, de la part
des cliniciens du comportement canin, de la valeur des apprentissages
associatifs suffirait à appréhender la complexité des systèmes sociaux
chez les chiens domestiques.

Interactions entre chiens et
humains :


Les auteurs pensent que tout comme pour
les interactions entre chiens, le terme de relation de dominance ne
correspond pas aux agressions sur l’homme.

Ils expliquent par
exemple qu’un chien ayant eu une première punition de la part de son
maître va associer un certain état de son maître à l’arrivée d’une
punition et provoquer l’expression de comportements d’apaisement. Si
ceux-ci ne sont pas respectés, il se peut que le chien morde pour se
défendre et là, la plupart du temps l’agression s’arrête.

Dans ce
cas, le chien n’est donc pas dominant par rapport à son maître, il
s’agit d’un comportement de défense qui, une fois renforcé, a pu être
interprété comme issu d’une volonté d’acquérir un statut de dominance.

Conclusion
:


Les auteurs concluent que le terme dominance à
été utilisé dans trop de contextes, et souvent mal utilisé car basé sur
des modèles loups mal compris et datant de plus de 30 ans. De plus, de
précédentes observations (Lockwood, 1979; Pal, 2003; Pal, 2005; Pal et
al., 1998; Pal et al., 1999) et leur expérience personnelle (Bradshaw et
al., données non publiées) montrent que : même si laissés libre de
gérer leur relation comme ils veulent ils n’adoptent pas un comportement
social de type loup entre eux.

Ils considèrent que la
stérilisation rompt la socialité au point qu’aucune hiérarchie ne soit
discernable (voir la description de Bradshaw et al., données non
publiées). Ceci rendrait, selon eux, questionnable la possibilité que la
théorie d’une relation de dominance soit à l’origine des agressions
entre chien. Ceci étant encore plus improbable entre chiens et humains
compte tenu de la difficulté de la communication interspécifique.

Ils
en déduisent donc que plutôt que de partir sur d’hasardeuses traces de
dominance, mieux vaut se baser sur des principes plus simples
d’apprentissage associatif et sur la valeur subjective qu’un individu
peut attribuer à une ressource.

2) CRITIQUE :

Cet
article est très intéressant pour tout propriétaire de chien. Il résume
assez brièvement et simplement de nombreux concepts de l’éthologie
(RHP, apprentissages associatifs, cognition sociale, hiérarchie,
relation de dominance) et j’espère avoir réussi à le transmettre à
travers ce résumé.

Effectivement, aujourd’hui le terme de
dominance est utilisé n’importe comment que ce soit par les dresseurs
animaliers, les éducateurs, les comportementalistes, les vétérinaires et
même certains éthologistes et ce quelque soit le pays. Non seulement
elle sert à déterminer un trait de caractère alors qu’elle ne devrait
servir qu’à décrire des relations dyadiques. De plus elle est utilisée
souvent en remplacement du terme hiérarchie. La hiérarchie découle des
interactions de dominance/subordination au sein des individus d’un
groupe, elle représente une vue d’ensemble. Enfin, le modèle présenté le
plus souvent au grand public est un modèle obsolète qui, de plus, est
souvent mal compris.

Cet article fait bien la différence entre
les groupes sociaux de loups en captivité et ceux vivant en liberté,
toutefois, ils mettent en avant l’étude de Lockwood (1979) en avant pour
dire qu’en captivité, les loups n’adoptent pas de hiérarchie claire.
Cependant, ils nous préviennent également que cette étude à pu présenter
ces résultats suite à une scission de la meute et qu’il est possible
qu’une seule hiérarchie claire n’ai pu être trouvée pour la simple
raison que deux meutes se côtoyaient dans un espace restreint (donc deux
hiérarchies) En terminant leur paragraphe ainsi, ils vont à l’encontre
de la théorie de King (chiens à la maison = loups captifs) sans aucun
argument vraiment probant.

Par la suite, les auteurs nous
rappellent, ce qui est vrai, que la cognition sociale du chien (la
capacité à acquérir, stocker, manipuler et restituer de l’information,
sociale en l’occurrence) a évoluée avec la domestication. En effet, les
chiens ont développé des moyens de communication que l’on suppose
entièrement dédiés à la communication avec l’homme (aboiements entre
autres). Ils sont également capables d’un niveau de compréhension des
signaux humains plus élevé que les primates (Hare & Tomasello, 2005)
ou que les loups (Miklosi, 2007) sauf imprégnation à l’homme très
précoce (Viranyi et al., 2008).

Par la suite, les auteurs nous
présentent plusieurs études sur les chiens sauvages et détaillent celles
de Pal et son équipe qui ont trouvés des résultats forts sur la
similitude entre l’organisation de ces meutes et celles de loups
sauvages. La seule différence étant au niveau de la reproduction moins «
fidèle » que chez le loup avec peu de suppression des chaleurs chez les
femelles de bas rang. Ce qui peut arriver chez les loups aussi pour peu
que les ressources alimentaires soient suffisamment disponibles, ce qui
est le cas pour les chiens revenus à l’état sauvage se nourrissant
principalement de détritus dans les villes.

Cependant, les
auteurs font table rase de ces informations pour mettre en avant des
études où les groupes de chiens se formant ne peuvent rester ensemble
durablement notamment à cause des tentatives pour limiter leur
prolifération dans certains pays.

La définition du concept de
dominance illustre bien une notion de temps nécessaire pour que ce type
de relation s’installe. Drews 1993 : […] des interaction agonistiques
répétées entre deux individus
[…]. Si les animaux n’ont pas
le temps nécessaire de se placer les uns par rapport aux autres, il est
clair qu’aucune hiérarchie ne peut apparaître.

Concernant l’étude
mentionnée sur les chiens stérilisés, le même argument peut peser vu
qu’on ne sait pas combien de temps a duré cet allotement (pas de données
publiées). De plus, il s’agit d’un groupe d’individus du même sexe,
comportant énormément d’individus et dans un espace extrêmement
restreint. Finalement, les prémices de mise en place d’une hiérarchie
parmi ces chiens et l’établissement de relations de
dominance/subordination dans ces circonstances seraient sûrement plus à
mettre au profit de la thèse adverse à celle avancée par les auteurs, à
savoir : l’existence d’une tendance à la hiérarchisation des groupes
sociaux chez le chien.

Cette expérience, est plutôt en faveur de
l’hypothèse de Mertens (2004) et de Feddersen-Petersen (2007) selon
laquelle il existe des variations selon les races et selon le
tempérament des chiens à agir de façon plus ou moins assurée/submissive
face à un congénère. Même si cette étude ne parle pas de race, elle
illustre au moins des différences individuelles.

Enfin,
considérant la théorie du RHP et des apprentissages. Nous avons vu que
la hiérarchie pouvait être utilisée pour expliquer l’accès favorisé aux
ressources d’un individu par rapport aux autres animaux de son groupe
social. Nous avons aussi vu que l’établissement d’une relation de
dominance/subordination était basé sur l’apprentissage des interactions
agonistiques répétées.

La théorie du RHP et les apprentissages ne
sont donc pas contraires à l’établissement d’une relation de
dominance/subordination ou d’une hiérarchie, ce sont eux qui provoquent
sa mise en place.

Pour finir, considérant l’homme, un minuscule
paragraphe est proposé et ne répond aucunement à la problématique
actuelle. Si effectivement les chiens n’établissaient ni relation de
dominance/subordination ni hiérarchie dans leurs groupes sociaux, il
serait étonnant que ce soit le cas avec l’homme. En revanche, si eux
établissent ces relations entre eux, la question reste ouverte.

3)
CONCLUSION :


En conclusion, on peut donc dire que
cet article cherche à lutter contre l’utilisation clinique d’une
théorie obsolète et mal comprise de la dominance.

Les auteurs
arrivent également à transmettre le flou actuel dans lequel se situent
les spécialistes du comportement en ce qui considère l’existence ou non
de hiérarchie dans les meutes de chien. Cependant, ils soulignent
involontairement (même s’ils les ignorent par la suite) les éléments en
faveur de cette « tendance à l’établissement d’une hiérarchie » entre
chiens (inférence des relations entre individus tiers, hiérarchies «
type loup » dans les études de Pal et de son équipe). Ils ne fournissent
en revanche aucune réponse argumentée à ce qu’il en est pour la
relation homme/chien.

Cet article soulève toutefois un point
intéressant pour les cliniciens du comportement (vétérinaires,
éducateurs, comportementalistes etc…), en illustrant la complexité des
règles d’établissement des relations de dominance/subordination chez les
chiens et l’importance de concepts simples comme les apprentissages
associatifs dans l’approche d’un souci de « chien dominant » ou
agressif.


REFERENCES :


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C. 1993. The concept and definition of dominance in animal behaviour.
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyMer 30 Juin 2010 - 17:14

merci mille fois !!!!! Dominance in dogs-useful construct or bad habit? Chien-g6
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MessageSujet: Re: Dominance in dogs-useful construct or bad habit?   Dominance in dogs-useful construct or bad habit? EmptyJeu 24 Juil 2014 - 2:25

Quand je vous dis qu'il faut citer les articles intéressant au risque de les perdre!

Un exemple ici...

Wink

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